Un journaliste francais tué en Syrie

Le journaliste Gilles Jacquier en Cisjordanie, en 2002. Il a été tué, mercredi 11 janvier, à Homs.

Gilles Jacquier, grand reporteur pour France 2, a été tué mercredi 11 janvier en Syrie alors qu'il se trouvait en reportage à Homs, a indiqué la chaîne de télévision.C'est le premier reporteur occidental tué dans ce pays depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar Al-Assad, le 15 mars, dont la répression a fait plus de cinq mille morts selon l'ONU. Six Syriens ont été tués aux côtés du journaliste, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Gilles Jacquier se trouvait à Homs, épicentre de la contestation, avec un groupe de journalistes autorisés à se rendre dans la ville par le régime, selon France 2. Menacés par des tirs de mortier alors qu'il filmait une petite manifestation de partisans du régime, il s'était réfugié dans un immeuble à proximité, selon le récit de son collègue, Christophe Kenck, publié par France Télévisions. L'origine de ces tirs est inconnue, a indiqué Thierry Thuillier, directeur de l'information du groupe.

 

Un photographe de l'AFP, Joseph Eid, qui faisait partie du même groupe de journalistes, décrit cette partie de la ville comme étant tenue par les forces du  régime, dans la vidéo ci-dessous.

Gilles Jacquier était reporteur pour France 2 depuis 1999 et avait en particulier couvert l'Irak, l'Afghanistan, le Kosovo et le conflit israélo-palestinien. Il avait obtenu, avec son confrère Bertrand Coq, le prix Albert-Londres en 2003 pour son travail durant la deuxième Intifada palestinienne.

Nicolas Sarkozy a fait part de ses "sentiments émus", de sa "peine" et son"émotion", après la mort du journaliste, et a souligné l"'importance" d'avoir "des hommes courageux pour dire la vérité de ce qui se passe" dans les pays en conflit. Peu avant, les Etats-unis avaient annoncé qu'ils "déploraient" la mort de Gilles Jacquier. Le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé, a demandé que"toute la lumière" soit faite sur les circonstance de sa mort, tout comme Reporters sans frontières. L'OSDH a demandé l'ouverture d'une enquête, précisant qu'il ignorait l'origine de ces tirs, alors que les militants dans la ville ont accusé les autorités.

Le ministère de l'information syrien a déclaré qu'il était au courant d'un incident impliquant des journalistes étrangers à Homs, haut lieu de la contestation du régime, mais qu'il n'avait pas d'autres détails.

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